FLYING OVER NEW YORK
GARY BRUNTON – contrebasse
JEREMY MANASIA – piano
CHARLES GOOLD – batterie
Retrouvailles in Central Park
Diggin Dolphy
Rising Damp
Did He Eckers Like
My Piano Joy
Million Dollar Ears
Tommy and George
Autumn in New York
Good Shalt Prevail
Henry Grimes
Wednesday Night Bebop in Accrington
Toutes les compositions sont de Gary Brunton (Éditions Amoc) sauf « Autumn in New York » de Vernon Duke (Warner Chappell Music Corp).
FLYING OVER NEW YORK – les compositions selon Gary Brunton
Retrouvailles in Central Park
Ma composition de 2021, enregistré sur l’album « Second Trip » avec Bojan Z et Simon Goubert. Je l’ai adaptée dans le métrique 7/4 pour l’occasion. J’ai rencontré le pianiste Jeremy Manasia pour la première fois à New York en 1992. Pendant l’été 1993 il est venu me rendre visite à Paris et nous avons passé deux semaines ensemble à jouer et à participer aux jam sessions parisiennes. En avril 2026, 33 ans plus tard, nous nous sommes retrouvés à New York.
Diggin Dolphy
Je me souviens de la première fois que j’ai entendu le son de saxophone alto du multi-instrumentaliste Eric Dolphy. Devant mon poste de télévision vers 1984 avec mon père à Burnley, une soirée dédiée au jazz à la BBC. John Coltrane joue « Impressions » ensuite c’est le solo de Dolphy. J’ai été marqué à vie. D’abord dérangé par ses improvisations atonales, mais au fur à mesure des années, je prends goût…l’audace, l’énergie, une voix d’une grande originalité, aujourd’hui Eric Dolphy compte parmi mes musiciens préférés. Eric Dolphy a enregistré plusieurs albums dans ce studio mythique à New Jersey, notamment « Out to Lunch » de 1964. Je suis particulièrement marqué par l’album « Ezz-Thetics » de George Russell en 1961 dans lequel jouent Dolphy et le contrebassiste Steve Swallow.
J’ai conçu la mélodie grâce au chant, en me lançant librement à improviser dans l’esprit de Dolphy. Le cadre pour l’improvisation piano se passe sur un blues en Db. Le solo de contrebasse se déroule sans restriction d’harmonie. To dig = kiffer
Rising Damp
Rising damp a déjà figuré sur mon album en quintet « Spacecraft » Il s’agit d’une dédicace au grand bassiste / contrebassiste Steve Swallow. Lors d’un concert de Carla Bley Big Band à Paris en 2003 j’ai pu donner un exemplaire de mon premier album « French Cricket » à Steve. Un mois plus tard il m’a fait félicité avec un retour très chaleureux et encourageant. Ce morceau est inspiré de son univers et particulièrement sa composition « Falling Grace ». J’ai composé une nouvelle mélodie sur le trame harmonique existant.
Did He Eckers Like
Une expression du nord d’Angleterre, traduction : « Bien sûr que non ». Je me suis donné le défi de composer une pièce dans la tonalité de Bb majeur, à un tempo vif. J’ai demandé au batteur Charles Goold d’improviser un intro et d’installer le tempo. Ensuite, après avoir joué le thème, les improvisations se déroulent sur la forme AABA correspondant aux accords de l’Anatole (I Got Rhythm de George Gershwin).
My Piano Joy
C’était en 1990, après avoir joué une série de concerts avec une chanteuse de variété à Paris que j’ai pu m’offrir mon premier piano droit. Par la suite ce piano a fait 5 déménagements, j’ai composé une centaine de pièces sur ce piano. Début 2026 j’ai eu l’occasion d’acheter un nouveau piano d’une catégorie supérieure. C’est en pianotant sur cet instrument que j’ai composé « My Piano Joy ». Une mélodie simple qui est portée par la beauté du son du piano.
Million Dollar Ears
En 2011 j’ai eu une commande pour écrire une pièce pour mon grand orchestre Pee Bee. J’ai décidé d’écrire une suite pour le contrebassiste Charles Mingus. Par le premier mouvement lent, j’ai écrit des paroles qui raconte la vie de Mingus. Une version en trio de Mingus’ House a été enregistré en trio avec Bojan Z et Simon Goubert en 2021.
En 2004 j’avais participé à une série de concerts et à l’enregistrement de la chanteuse américaine Sheila Jordan « Believe in Jazz », et de nouveau d’autres concerts en 2017.
Ces expériences m’approchaient de Charles Mingus et Charlie Parker qui étaient des amis proches de Sheila. Charlie Parker a dit de Sheila « ah c’est toi qui ait les oreilles qui valent un million de dollars »
Sheila Jordan a enregistré son premier album dans ce studio de Rudy Van Gelder en 1962 avec Steve Swallow à la contrebasse. J’avais l’intention de demander à Sheila de participer à mon enregistrement mais malheureusement elle est décédée en aout 2025 à l’age de 96 ans.
Pour « Flying over New York » j’ai décidé de transformer cette ballade en samba pour célébrer la vie majestueuse de Sheila Jordan, pour la remercier pour tout ce qu’elle a apporté au monde du jazz.
Tommy and George
Il s’agit du pianiste Tommy Flanagan et le contrebassiste George Mraz. Etudiant au Pays de Galles en 1986, un ami gallois me passe une cassette de l’enregistrement « Eclypso » Je suis bouleversé par le jeu de George Mraz. En 1989 je vois George en concert pour la première fois à Paris avec le saxophoniste Johnny Griffin et le batteur Kenny Washington. En 1992 lors de ma dernière visite à New York j’écoute le trio de Tommy Flanagan avec George Mraz et Lewis Nash au club Sweet Basil à Greenwich Village. L’album de Tommy Flanagan « Jazz Poet » a été enregistré dans ce même studio par Rudy Van Gelder en 1989 avec Kenny Washington à la batterie. Avec le pianiste Jeremy Manasia et le batteur Charles Goold, je cherchais à rendre hommage à leur univers et à retrouver la complicité unique qui existait entre ces deux musiciens qui m’ont tant marquée.
Autumn in New York
Lors des différentes tournées j’ai eu le grand plaisir de jouer ce grand standard de Vernon Duke en concert avec la chanteuse Sheila Jordan. Jeremy Manasia est un grand interpret des chansons américaines et il nous semblait évident de vouloir enregistrer une composition du grand repertoire des standards américains. La répétition pour « Flying Over New York « a eu lieu dans une salle de répétition au sous sol du Manhattan Plaza, une résidence d’artistes où habitait le contrebassiste Charles Mingus à la fin de sa vie.
Good Shalt Prevail
Cette waltz a été composé en 2022 et figure sur mon album en quartet de 2023 Trên Dydd avec le saxophoniste français François Jeanneau. La mélodie essaye de lancer un message positif. Face aux différentes guerres dans le monde, les injustices, la souffrance, les actes d’agression, la destruction insupportable des foyers… J’ai ressenti une sensation profonde que, un jour on retrouvera la paix et c’est le bien qui l’emportera.
Henry Grimes
Le contrebassiste Henry Grimes a enregistré plusieurs fois au studio Rudy Van Gelder pendant les années soixante notamment en trio avec McCoy Tyner et en quartet avec Roy Haynes. Après une courte introduction libre de contrebasse, suivi par le thème joué rubato nous nous dirigeons vers un blues en Eb. C’est aussi dans ce studio que John Coltrane a enregistré un blues en Eb, Bessie’s Blues en 1964 sur l’album Crescent. Henry Grimes possédait toutes les qualités d’un grand contrebassiste : un son puissant et égal, un tempo d’acier, la connaissance de tous les styles de jazz, maitrise totale de l’instrument, formation classique donc formidable jeu avec l’archet, une grande ouverture et une créativité très développée…
Wednesday Night Bebop in Accrington
Un thème inspiré par le genre « Hard Bop » . Tempo vif, du swing torrid et une invitation à Jeremy Manasia de s’exprimer sur une grille d’accords issue du jazz modal. Le titre trouve son origine dans la ville d’Accrington dans le nord ouest de l’Angleterre. Il est bien connu que la musique « Bebop » est très exigeant sur le plan rythmique (syncopé, et souvent vif), harmonique (riche, chromatique, complexe)
Ce morceau est inspiré par l’univers du pianiste Herbie Hancock et notamment l’album « Speak like a child », enregistré dans ce même studio le 9 mars 1968, le jour de ma naissance.
Wednesday Night Bebop in Accrington, c’est l’histoire d’un bassiste dans ma ville de Burnley qui se vantait qu’il jouait du Bebop tous les mercredis soirs dans un club d’une ville voisine: Accrington (pour info : lieu de naissance du chanteur du groupe « Yes » Jon Anderson). Mais on se demandait comment ça pourrait être possible vu qu’il n’arrivait pas jouer des morceaux de swing simples à un tempo modéré…
CRÉDITS
Produit par Clovis Nicolas & Gary Brunton pour Jazz En Face
Enregistré par Maureen Sickler au Studio Van Gelder (RVG)
Mixé et masterisé par Katsuhiko Naito
Enregistrement et mastering additionnels par Yohan Progler au studio Green Home
Photographies par Mariana Meraz and Clovis Nicolas
Conception graphique par Corinne Garino
Licence Juste Une Trace
Gary tient à remercier Jeremy et Charles pour l’ambiance formidable et la superbe musique qu’ils ont apportées à cet album. Merci à Clovis Nicolas pour ses excellentes idées, son souci du détail, son accueil chaleureux et pour lui avoir prêté sa magnifique contrebasse Juzek.
Merci à sa femme Béatrice pour son soutien indéfectible et plein d’amour, ainsi qu’à Jade, Loreta, Jean-Jacques, John, Nino et sa maman Dorothy.
Merci à Ichiro Onoe, Vincent Jacqz, Guillaume de Chassy, Luc Isenmann, David Patrois, Frédéric Delestre, François Lacharme, Pierre Christophe, Laurent Briffaux, Jean-Marc Brisson, Julien Leroy, Yohan Progler, Laurent Epstein, Sandrine Deschamps, Claudio Pallaro, Frédéric Loiseau, Andrea Michelutti, Patrick Cabon, Daniel Yvinec, Stéphane Dupas, Mariana Meraz, Pascal Ruëgger, Gerold Genssler, Noémie Croizer, Paul Bessone, Edith Gaudy, Maureen et Don Sickler, Katsuhiko Naito.