GARY BRUNTON – contrebasse, compositions
Des origines anglaises aux maîtres du jazz
Né en 1968 à Burnley en Angleterre, Gary Brunton grandit dans un univers baigné de jazz grâce à son père musicien. Il découvre la basse à quinze ans puis se tourne en autodidacte vers la contrebasse. En 1986, ses études au Pays de Galles élargissent sa culture musicale et le poussent à s’installer à Paris en 1988 pour étudier au CIM. Il y rencontre le pianiste Bojan Z et s’établit définitivement en France. Soucieux de se perfectionner, il étudie la contrebasse classique et se forme auprès des plus grands maîtres de l’instrument, notamment Ray Brown, Dave Holland et Henri Texier.
L’affirmation d’un compositeur reconnu
Dès les années 1990, Gary Brunton collabore avec des figures majeures comme Michel Grailler et Stan Getz. Il commence à composer à la fin de la décennie et connaît une consécration en 2002 avec l’album French Cricket, nommé aux Victoires du Jazz et chaleureusement salué par Steve Swallow. Plus tard, il accompagne la chanteuse américaine Sheila Jordan, co-fonde le grand ensemble Pee Bee en 2007, et mène plusieurs tournées internationales en Asie ainsi qu’en Égypte.
Une explosion créative et intergénérationnelle
En 2019, il fonde le trio Night Bus avec Bojan Z et Simon Goubert. L’album rencontre le succès public et critique, récompensé par un Choc Jazz Magazine et quatre étoiles dans le magazine Down Beat. Depuis, le contrebassiste enchaîne les projets salués sous le label Juste Une Trace. Après avoir exploré ses racines galloises avec Après Trên Dydd en 2023 et Gwawr en 2024, il livre en 2025 l’opus Look North aux accents nordiques, puis Spacecraft, une création résolument moderne mariant l’expérience de sa rythmique à la ferveur de la nouvelle génération du jazz.
JEREMY MANASIA – piano
Au cœur du bebop new-yorkais
Originaire de Staten Island, Jeremy Manasia débute le piano classique dès l’âge de sept ans avant de se découvrir une passion dévorante pour le jazz lors de ses années de lycée. Pour parfaire son art, il étudie auprès de figures tutélaires de l’instrument telles que Harold Danko, la célèbre pédagogue Sophia Rosoff et le légendaire Barry Harris. Finaliste de prestigieux concours internationaux, notamment la Thelonious Monk Competition et le Great American Jazz Piano Competition, il s’impose rapidement comme un talent brut de sa génération. Son jeu au piano prend solidement racine dans le bebop, tout en y mêlant des teintes profondément soul et impressionnistes.
Un pilier incontournable de la scène de Manhattan
Depuis plus de vingt ans, Jeremy Manasia s’est imposé comme une figure majeure de la scène new-yorkaise, brillant tour à tour comme sideman recherché, leader et compositeur prolifique. Il parcourt le monde entier aux côtés de géants de l’histoire du jazz tels que Gary Bartz, Al Foster, Jimmy Heath, Eddie Gomez, Louis Hayes ou Jimmy Cobb. Partenaire privilégié de Peter Bernstein, il est également un membre clé du groupe de Javon Jackson depuis plus d’une décennie. À la tête de ses propres formations, il a enregistré sept albums qui mettent en lumière plus de quarante compositions originales. On le retrouve ainsi régulièrement sur les scènes des clubs les plus mythiques de New York, du Village Vanguard au Smalls, en passant par le Mezzrow, le Smoke ou le Dizzy’s.
Pédagogie, transmission et philosophie zen
Parallèlement à sa prolifique carrière d’interprète, Jeremy Manasia consacre une grande partie de sa vie à l’enseignement. Professeur respecté à la prestigieuse Manhattan School of Music, il a développé une méthode de transmission unique et profondément singulière. Dans ses cours, il associe la rigueur de l’approche harmonique héritée de son mentor Barry Harris à une philosophie de l’écoute et de l’instant présente, nourrie par plus de vingt ans de pratique assidue du bouddhisme zen. Cette vision globale fait de lui un pédagogue d’exception pour la nouvelle génération de musiciens.
CHARLES GOOLD – batterie
Des racines afro-caribéennes au sommet du hard bop
Fils du saxophoniste ténor Ned Goold et d’une mère haïtienne, Charles Goold grandit au carrefour de riches traditions musicales. C’est dans ce double héritage familial qu’il puise la force et l’originalité de sa signature artistique. En combinant la rigueur et l’énergie du hard bop moderne avec la complexité des rythmes traditionnels haïtiens et afro-caribéens, il a su forger un style unique et profondément organique. Ce métissage rythmique singulier fait aujourd’hui de lui l’un des batteurs les plus demandés, les plus polyvalents et les plus actifs de sa génération sur la scène bouillonnante de New York.
L’excellence académique et la consécration internationale
Brillant diplômé de la prestigieuse Juilliard School, Charles Goold intègre rapidement les cercles les plus fermés du jazz mondial. Sa virtuosité et sa sensibilité lui permettent de collaborer avec l’élite, se produisant notamment aux côtés de Wynton Marsalis et du célèbre Jazz at Lincoln Center Orchestra. En 2022, il franchit une étape majeure en publiant son premier album en tant que leader, intitulé Rhythm in Contrast. Salué par la critique internationale, et notamment par le prestigieux quotidien The New York Times, cet opus bénéficie d’une large diffusion sur les ondes de radios de référence comme TSF Jazz ainsi que sur les plateformes de streaming.
Diaspora et succès public
En juin 2024, le batteur approfondit sa quête identitaire et musicale avec la sortie de son deuxième opus, Triptych Lespri. Entouré d’un ensemble de musiciens talentueux issus de la diaspora haïtienne de New York, il y propose une immersion fascinante et habitée dans la culture créole. Le projet rencontre un immense succès public et critique, porté notamment par une relecture hypnotique et modernisée du classique « Caravan », qui a déjà franchi le cap des 500 000 écoutes à travers le monde. Par cette alliance magistrale entre tradition et modernité, Charles Goold s’impose comme un passeur de cultures incontournable du jazz contemporain.
Photographies Mariana Meraz